Exprimer nos émotions mène à la satisfaction de nos besoins

Nos émotions et nos sentiments restent pour beaucoup d’entre nous des troubles incompréhensibles. En effet, peu d’états dégagent autant de mystère que les émotions. Elles dépendent de notre culture, de notre éducation, de notre sexe ou de notre pays d’origine. En fait, les émotions nous rendent vivants mais nous perturbent.

« Sans les émotions nous serions des machines et notre existence serait grise » Boris Cyrulnik

 

De nombreuses personnes n’ont même pas conscience de ressentir une émotion. Souvent, il nous arrive de les considérer comme des obstacles, des erreurs ou des faiblesses. Ainsi, nous sommes donc face à un dilemme : contrôler nos émotions pour être “socialement corrects” ; les exprimer pour exister et communiquer. Nous avons appris à ne pas les exprimer en société, à les contrôler, voire à totalement les cacher. Pourtant les émotions ont une grande utilité dans notre vie personnelle et sociale !

 

Qu’est-ce qu’une émotion ?

 » L’émotion est un trouble, une agitation passagère ou un état affectif intense, caractérisés par une brusque perturbation physique et mentale  » nous indique le dictionnaire. En réalité, les émotions sont des formes explosives de l’affectivité. Elles sont intenses et brèves, innées, automatiques et inconscientes. Elles renvoient toutes à deux états affectifs primaires liés à des sensations physiques : le plaisir et la douleur. On les confond souvent avec les sentiments comme l’amour et la haine qui sont, eux, plus stables et plus durables. En effet les sentiments sont des « émotions qui durent ». En conséquence, elles nous confèrent une humanité. Ainsi, il n’existe pas d’émotions négatives, ni d’émotions positives car, toutes sont nécessaires et précieuses. Chacun les ressent d’une manière différente car ce sont des entités subjectives particulières et exclusives. Nos émotions sont l’expression de notre ressenti face à des situations et des personnes. Elles correspondent donc à la façon dont nous percevons ou interprétons les situations.

Combien y a-t-il d’émotions ?

Les courants en psychologie ne comptent pas le même nombre d’émotions de base. Une étude, publiée dans la revue Current Biology, et l’analyse transactionnelle suggèrent qu’il y aurait 4 émotions primaires universelles : la joie, la tristesse, la peur et la colère. Les travaux du psychologue américain Paul Ekman, concluent qu’il y a 7 émotions de base : il ajoute la surprise, le dégoût et le mépris. Elles sont le fruit de notre héritage, de notre éducation et aussi de notre vécu émotionnel. En réalité, toutes nos réactions émotives sont là pour nous aider à nous adapter à chaque situation de notre vie.

Pourquoi avons-nous des émotions ?

« Les émotions ont toujours une cause, qu’il s’agisse d’une cause extérieure (un événement qui nous contente ou nous agresse), ou d’une cause liée à des états biologiques (comme la fatigue ou le manque de sommeil) ou encore à des représentations mentales» dit Christophe André, psychiatre et psychothérapeute spécialiste de la méditation et de la pleine conscience. Cependant un même déclencheur peut entraîner des réactions émotionnelles différentes, selon les individus. La cause des émotions ne se situe donc pas à l’extérieur de nous mais bien à l’intérieur de nous en fonction de notre façon de percevoir le monde. Elles sont naturelles, automatiques et inconscientes.

A quoi servent nos émotions ?

Les émotions ont plusieurs fonctions : elles nous rendent plus vivants, nous permettent de vivre ensemble, de communiquer et d’évoluer. Elles contribuent à notre protection. Ces émotions nous permettent de tirer le plus de satisfaction possible de chaque moment et d’éviter les obstacles et les pièges qui se trouvent sur notre route. C’est un peu comme un système de guidage très sophistiqué qui nous amène à notre principale destination : la satisfaction de nos besoins.

Les émotions nous aident à identifier nos besoins pour mieux les satisfaire.

  • Peur : c’est un stimulant pour qui sait la dominer. Elle nous signale les dangers, dirige le sang vers les jambes, ce qui prépare à la fuite. Selon Will Schutz, les trois peurs sociales sont la peur d’être insignifiant, d’être incompétent, de ne pas être sympathique.
  • Colère : elle a mauvaise réputation, on l’amalgame à la violence. Pourtant, elle peut être aussi vitale en fournissant l’énergie nécessaire pour franchir un obstacle. La colère libère une foule d’hormones, dont l’adrénaline, qui nous indique que les limites de l’acceptable sont atteintes.
  • Joie : euphorisant et désinhibiteur naturel, elle stimule la production d’hormones du plaisir. Elle permet ainsi de mieux s’intégrer à un groupe et d’accomplir avec enthousiasme toutes les tâches qui nous incombent.
  • Tristesse  : elle favorise le repli sur soi pour faire le travail de deuil nécessaire après un drame.  » Les larmes contiennent à peu près dix fois plus d’hormones de stress que le sang « , indique Marc Schwob, chercheur en neurophysiologie. Pleurer est donc la manière la plus naturelle d’extérioriser sa peine.

Il n’y a jamais de perception pure chez l’homme. Chaque parole, geste, parfum, image, goût, est immédiatement “interprété” par son affectif. C’est pourquoi les émotions sont capitales et il est nécessaire d’apprendre à les écouter, les distinguer, à les comprendre et non à essayer de les refouler. Les émotions agréables nous indiquent que nos besoins sont satisfaits et les émotions désagréables nous signalent qu’un besoin est insatisfait. Ce sont les voyants du tableau de bord de notre corps qui s’allument dés qu’il y a un dysfonctionnement ou lorsque tout est clair.

Conseils du coach, en s’inspirant du protocole T.I.P.I. (Technique d’identification sensorielle des peurs inconscientes) 

Prendre ses sentiments et ses émotions au sérieux, les considérer comme des indices importants et en tenir compte pour choisir ses actes : en s’inspirant de ces trois principes, on s’assure de mener une vie psychologiquement saine et de ne pas s’enfermer dans des problèmes qui n’iront qu’en s’aggravant.

  1. Vous ressentez une émotion désagréable,
  2. Fermez les yeux et isolez-vous pour vous déconnecter, afin de s’occuper de vous, en sécurité.
  3. Portez  votre attention sur vos réactions corporelles, la manifestation des sensations physiques (respiration, cœur, gorge, ventre, main,…)
  4. Laissez évoluer ces sensations, sans rien faire, jusqu’à l’apaisement. Il est capital de les laisser s’exprimer et de refouler les moyens de contrôle de l’émotion mis en place au fil du temps: respiration, méditation, échappement de la pensée,…

Bien sûr il n’est pas toujours possible de fermer les yeux et de s’isoler. Quand c’est réalisable, cette méthode permet d’éliminer durablement l’empreinte de cette émotion dans votre corps.

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