Le stress, un mécanisme naturel d’adaptation

Le stress est une réponse du corps à une menace, que celle-ci soit absolue, relative ou imaginée. Il n’y a pas plus subjectif que lui, puisqu’il est à la hauteur de la perception que nous avons d’un événement. Il favorise notre adaptation quand il est de courte durée. Cependant, il peut entraîner des désordres sur notre santé et notre équilibre psychologique lorsqu’il perdure dans le temps !

« Notre plus grande arme contre le stress est notre capacité à choisir une pensée plutôt qu’une autre. » William James

Qu’est-ce que le stress ?

C’est une réaction biologique de l’organisme à une stimulation extérieure qui demande une adaptation. Selon Hans Selye, pionnier des études sur le stress, « c’est une réponse de l’organisme, un syndrome général d’adaptation ». Le stress est une réponse physique naturelle qui permet au corps de s’adapter au changement de son environnement. Il y a deux formes de stress. Le stress absolu face à une menace mortelle. Le stress relatif est propre à chaque personne face à une situation qu’il percevra comme stressante. En cas de menace, l’organisme déclenche un système de défense pour nous aider à réagir ! Celui-ci nous permet d’agir face à une situation dangereuse, complexe ou imaginée comme telle. Cependant, il est nocif, s’il se manifeste de manière récurrente, sans raison apparente ni besoin. 

4 éléments déclencheurs

Ce qui nous met sous pression est différent de ce qui stresse un autre individu. Pourtant Sonia Lupien, fondatrice du Centre d’Etudes sur le stress, affirme qu’il existe un ensemble d’éléments communs à tous les humains. Peu importe l’âge, l’ethnicité ou le niveau d’éducation, les déclencheurs du stress seraient les mêmes pour tout le monde. Ceux-ci peuvent être classés sous l’acronyme C.I.N.E. :

  • C         Contrôle faible sur une situation : par exempleêtre coincé dans un embouteillage, subir un licenciement, un cambriolage,
  •          Imprévisibilité d’un événement : tel quepandémie, une voiture qui freine subitement, un attentat,
  •         Nouveauté d’une situation qui n’a jamais été expérimentée : par exempleprendre un nouveau poste, subir une opération, être parent,
  • É         Ego menacé ou compétences remises en cause : lors d’une présentation importante au travail, d’un entretien d’embauche.

Nous ne réagissons pas tous de la même façon face au syndrome général d’adaptation. C’est pour cela que le stress est une expérience profondément individuelle et personnelle.

Les sources de stress

Le stress peut survenir aussi bien dans la sphère professionnelle que personnelle. Il nous est spécifique et dépend de notre histoire, de nos valeurs, de nos expériences. Ces agents stressants n’activeront la réponse au stress que chez certains d’entre nous. Il est donc difficile de mettre le doigt sur les causes de stress, car elles sont plurielles.

On peut regrouper les sources de stress en 4 groupes :

  • Les pertes : d’emploi, pécuniaire, de confiance en soi, amoureuse, affective.
  • Le travail : intensité, organisation, difficultés relationnelles, contenu, facteurs d’ambiance, conflits de valeurs,
  • Les événements de la vie : séparation, éducation des enfants, problèmes de santé, déménagements.
  • Nos pensées et nos représentations : croyances, perfectionnisme, insatisfaction, insécurité ressentie, besoins physiologiques non satisfaits.

Chacun de ces éléments peut nous angoisser et augmenter notre niveau de stress.

Les trois étapes du syndrome général d’adaptation

 Le stress comporte 3 stades pouvant se succéder en fonction des événements. Ce sont les états d’alarme, de résistance, d’épuisement ou de dépression.

  • Au stade de l’alarme, l’organisme met en action toutes ses ressources pour faire face à une menace.  Cette étape s’accompagne d’une série de manifestations physiologiques, en particulier une libération subite d’adrénaline et de cortisone. Ces hormones vont mobiliser notre énergie. Cela se traduit par des comportements réflexes de l’ordre de la lutte, de la fuite ou de la soumission. Lorsque la menace est écartée, une fois les hormones dissipées, l’équilibre est rapidement rétabli.
  • Mais, il peut arriver que la menace (ou l’idée de la menace) persiste ou se renouvelle rapidement. Le corps entre alors en résistance. Le stress peut facilement devenir chronique. Cette phase correspond à un apaisement physiologique. Pourtant, cette phase est la plus nocive car elle va épuiser nos réserves et s’inscrire dans la durée.
  • Au stade trois, dopé d’hormones de stress, le cerveau perd progressivement sa capacité à discriminer ce qui est réellement menaçant de ce qui ne l’est pas.
    • Chez certaines personnes, il y aura une production quasi constante d’hormones (hyper-production), qui mènera progressivement à la dépression.
    • Pour d’autres, il y aura une production insuffisante d’hormones (hypo-production), qui occasionnera un épuisement professionnel (burn-out).

Le stress n’est pas forcément négatif, lorsqu’il est de courte durée. Mais il peut entraîner des désordres d’ordre physique et psychique lorsqu’il perdure…

Impact physique et psychologique

Certains individus sont moins susceptibles que d’autres d’être débordés et abattus face aux évènements de la vie. Nous ne réagissons pas tous de la même façon face au stress. Celui-ci génère des symptômes dans trois domaines :

  • Émotionnels : peur, colère, tristesse, surprise, anxiété, ennui, confusion, malaise, horreur.
  • Comportementaux : désorganisation, relations conflictuelles, difficultés à prendre des décisions, addictions, faible estime de soi, troubles de la mémoire.
  • Physiques : pupilles dilatées, insomnie, augmentation des battements cardiaques, hyperventilation, sudation importante, troubles digestifs, troubles de l’appétit.

Bon ou mauvais, il joue un rôle de régulateur des émotions.

Identifier les émotions derrière le stress

Le stress n’est pas un mot générique pour désigner nos émotions, en particulier négatives. En effet il est la conséquence d’un trop plein d’émotions. Confondre les deux, c’est un peu comme si la médecine se contentait d’appeler mal de ventre tout ce qui dysfonctionne entre le diaphragme et les hanches. Le syndrome général d’adaptation est difficile à étudier. En revanche, c’est l’exploration de l’émotion qui permet de déterminer le besoin à combler. La peur en particulier se manifeste en présence d’une menace ou d’un risque, réel ou imaginaire. Les réactions diffèrent devant la peur : certains vont être stimulés alors que d’autres seront paralysés.

Travailler sur l’expression de ses émotions, c’est utiliser un outil pour améliorer l’efficacité de sa communication (joie, tristesse, colère) et diminuer les sources de stress. Nos difficultés à gérer, voire à accepter nos émotions, peuvent être de grandes sources de stress. C’est pourquoi, bien souvent, apprendre à gérer ses émotions entraîne une meilleure gestion du stress. Cependant cela nécessite du temps.

Le stress en entreprise

Environ 20% des salariés européens estiment que leur santé est affectée par des problèmes de stress au travail. On parle de stress au travail dés qu’il y a un déséquilibre entre ce qu’on demande de faire à un salarié et la perception qu’il a de ses propres ressources pour y faire face. De nature psychologique, il affecte également la santé physique, le bien-être et la productivité. Les facteurs de stress au travail sont liés à la surcharge de travail, à son organisation, aux relations avec la hiérarchie ou les collègues, à son contenu, à un manque d’autonomie, au management…

Le stress au travail désorganise les entreprises et les collectifs de travail. Ses conséquences sont connues : augmentation de l’absentéisme, accidents du travail, démotivation, baisse de la créativité, mauvaise ambiance. Les démarches de prévention du risque sont d’ordre individuel et collectif. Elles consistent à réduire les sources de stress en agissant directement sur la qualité de vie au travail.

Conseil du coach

Notre stress déborde sur ceux qu’on aime, en particulier les enfants. Nous avons la capacité de dire à notre cerveau : « il n’y a pas de menace » ! C’est la réaction d’une personne en fonction de son appréciation de la demande et de ses facultés à y faire face. En clair, on n’est pas pour rien dans son propre stress. C’est une bonne nouvelle. Par principe, suivez votre intuition, testez, explorez et jetez ce qui ne vous convient pas. Il n’y a aucune méthode universelle.

  • Déconstruire votre stress : écouter votre corps pour identifier quand vous êtes en situation de stress. Identifiez le déclencheur de la situation (C.I.N.E.). Lorsque vous aurez rempli quelques situations stressantes, vous découvrirez qu’une des 4 caractéristiques émerge. Organisez vos journées pour limiter cette caractéristique.
  • Adoptez une bonne hygiène de vie car elle peut être un véritable «déstressant naturel».
  • Prenez du recul : dans le feu de l’action, l’esprit n’est pas assez disponible pour trouver des solutions adéquates.
  • Apprenez à dire non : si vous ne pouvez pas rendre un service ou effectuer une tâche, expliquez-le clairement à votre interlocuteur.
  • Découvrez la valeur du pardon. Un problème non résolu est un facteur de stress. Le pardon que l’on « accorde » à l’autre a un effet libérateur.
  • Choisissez une activité anti-stress : chanter, rire, dessiner, bouger, peindre, jouer, lire, écouter de la musique.

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